19/10/2010

article Femina, droit de réponse

Droit de réponse à un article sur le Fémina de la semaine du 18 octobre 2010
que j'envoie ce jour à la rédaction du magazine


Bonjour, je viens de m'inscrire sur votre site pour pouvoir vous adresser un message que vous voudrez bien transmettre si cela est possible à Mme Christelle Ballestrero. En effet l'article de cette semaine en page 50 intitulé "Vin et santé la fin du mythe" est un raccourci très peu honorable pour une journaliste spécialiste santé sur France 2. Une fois encore la profession de journaliste se trouve mal illustrée par cet exercice d’un style très douteux auquel se livre Mme Ballestrero dans cet article. Outre l’utilisation de l’information spectacle avec un titre et une accroche raccoleurs, les références sicientifiques quelle cite n’en sont que pour elle . C’est d’ailleurs ce que dénonce très justement l’article sur le site web www.vinetsante.com du 18 octobre dernier qui s’insurge également contre cette dénonciation du vin et particulièrement du vin français. En tant que producteur de vin(*) c’est au titre des professionnels que je voudrais apporter le discrédit sur le contenu de cet article. Madame Ballestrero fait honteusement l’amalgame entre les forts degrés de nos vins du Sud (elle cite le Languedoc très spécifiquement) et l’autorisation donnée à certaines appellations du Bordelais et du Bourgogne de chaptalisation : ajout « produits chimiques et sucre de betterave qui élève le taux d’alcool). Ses méconnaissances géographiques rivalisent dans cet écrit avec son ignorance de la réglementation sur le vin en France et conséquemment de son histoire. Le Languedoc (et plus encore le Roussillon) sont des zones où le réchauffement climatique se fait cruellement sentir et une des illustrations en est effectivement la progression du degré alcoolique des vins, mais aussi d’un avancement considérable des dates de vendanges associée à des rendements à l’hectare toujours plus faible . Ainsi pour les Pyrénées Orientales un article récent dans L’Indépendant (**)déplorait les rendements moyens en baisse encore cette année 27 hectos en 2009 à 25 en 2010. Dans ce même article, le journaliste rapportait les propos du Préfet local, Jean François Delage s’engageant à appuyer la demande de la profession concernant la mise en place de zones irrigables aujourd’hui interdites dans les appellations type AOC Côte du Roussillon. Parce que ce que semble ignorer Mme Ballestrero c’est qu’il existe une réglementation très précise sur les différents terroirs viticoles et notamment l’interdiction d’ajout de sucre ou chaptelisation qui est systématique sur les vins du sud et autorisé parcimonieusement dans certaines zones du bordelais ou du bourgogne. Il est aussi indispensable de rappeler à cette dame que le Midi Rouge s’était déjà soulevé en 1907 sur ces questions d’ajout de sucre que les négociants véreux pratiquaient honteusement. . C’est dire l’attachement de notre législation française à tenter de régler cette question. Et pour finir l’ignorance de Mme Ballestrero dans le domaine viticole est porté à son comble quand elle avance le raccourcissement « de la durée de macération des raisins, avec, à la clé, un vin de moins bonne qualité » puisque c’est tout l’inverse qui est opéré dans nos régions du Sud, et que ce sont justement ces remises en cause d’un vin de qualité que les récentes discussions sur les remaniements des appellations soulèvent. Peut-être faut-il dire à Mme Ballestrero que des questions comme, celle du vin, intimement liées à la culture française et reflet de la richesse de sa diversité ne s’accommodent pas d’une présentation tronquée, de copier-coller de scientifiques ou pseudo scientifiques sur le net et plus encore d’à peu près historique et géographique.

(*)Domaine Pons Gralet, vigneron en culture biologique à Estagel dans les Pyrénées Orientales
(**) « Viticulture : le préfet promet d’étudier le dossier sur l’irrigation » 30 sept 2010 page 10, article écrit par Jean Paul Pelras

Commentaires

Qui a raison?
Mais le doute est mis sur la production des vignobles languedociens...

Écrit par : Ricardo | 20/10/2010

Entierement d'accord avec ce vigneron d'Estagel, comment cette journaliste peut elle écrire autant de bêtise !! une question se pose , par qui cet article a été commander ? Qui a intêret à jeter le dicrédit sur nos vins? et comment ose t-elle citer le languedoc et uniquement le languedoc ? je met en doute l'honneneté de cette dame .Aura t-elle le courage de reconnaitre ses tort?
Michel

Écrit par : michel | 20/10/2010

d'acc, un article vite fait mal fait !

Écrit par : pierrot le zygo | 20/10/2010

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